Réussir une décoration de table
Une table réussie se remarque peu : on y est bien, on se voit, on s'entend, et rien n'encombre. Les décorations spectaculaires photographiées sur les réseaux sont presque toujours impraticables, plats qui ne trouvent pas leur place, bouquet qui coupe la conversation, bougies dont le parfum masque les plats.
La table elle-même
La forme compte plus qu'on ne l'imagine. Une table ronde met tout le monde en contact visuel et supprime les places d'honneur : c'est la meilleure forme pour un repas où l'on veut que la conversation soit collective. Une table rectangulaire accueille plus de monde au mètre carré et crée mécaniquement des conversations par sous-groupes.
Les dimensions utiles : compter environ 60 centimètres de largeur par convive, et un dégagement d'au moins 70 centimètres derrière les chaises pour circuler. Une table trop chargée en convives ruine le repas plus sûrement qu'une décoration ratée.
Les couches : nappe, chemin, sets
La nappe unifie et amortit le bruit, un point sous-estimé dans une pièce carrelée. Le chemin de table, posé dessus ou seul sur un plateau en bois, structure sans couvrir. Les sets délimitent les places et facilitent le débarrassage.
Une règle de composition simple : deux teintes et une matière naturelle suffisent. Une nappe unie, un chemin dans un ton voisin, du bois, du lin ou du verre. Les combinaisons à quatre couleurs demandent une maîtrise que personne n'a le jour même.
La règle de la hauteur
C'est la seule règle vraiment impérative : rien au centre de la table ne doit dépasser le niveau des yeux d'une personne assise, soit environ 30 centimètres. Un bouquet haut coupe la table en deux et empêche les convives de se parler.
Deux solutions : des compositions basses et larges, ou des éléments très hauts et très fins, des chandeliers élancés, sous lesquels le regard passe. Entre les deux, on gêne.
Marque-places, menus, ronds de serviette
Ils servent à trois choses : placer les gens, ce qui est un vrai service quand on est plus de six ; annoncer le repas ; et donner à la table un détail personnel. Un prénom écrit à la main sur un carton simple vaut mieux qu'un objet acheté.
Les idées qui fonctionnent sont celles qu'on peut fabriquer en série sans y passer la journée : une étiquette attachée à une branche, un galet marqué, une feuille glissée sous la serviette, un ruban et une pince à linge. La serviette en tissu, enfin, change l'aspect d'une table plus que n'importe quel accessoire.
Lumière
C'est l'élément le plus efficace et le moins coûteux. Un plafonnier seul écrase et durcit les visages ; des bougies et une ou 2 sources basses transforment la même pièce. Le variateur, s'il existe, se règle bas.
Deux précautions : des bougies non parfumées à table, parce que le parfum entre en conflit avec les plats et le vin, et une attention réelle à la sécurité, jamais de flamme près d'une décoration végétale sèche ou d'un napperon en papier.
Les fêtes de fin d'année
C'est le moment où l'on charge le plus, et où l'excès guette. Les bannières, les ballons, la vaisselle jetable colorée et les guirlandes lumineuses appartiennent surtout aux tables d'enfants et aux buffets, où elles font merveille.
Pour une table de repas, mieux vaut un thème tenu : deux couleurs, un matériau (bois, verre ou métal doré) et de la verdure fraîche, qui coûte peu et se composte. La vaisselle réutilisable, y compris louée pour l'occasion, règle la question des déchets, qui est le vrai sujet de ces soirées : une table de fête produit facilement plusieurs sacs de jetable dont on peut se passer.